Mauvaise nouvelle : Les propriétaires de 11 millions de logements vont devoir payer entre 1 000 et 5 000 euros à partir de cette date

Le DPE collectif devient obligatoire pour les copropriétés françaises. Depuis le 1er janvier 2025 pour les grandes copropriétés, et à partir du 1er janvier 2026 pour les petites, 11 millions de logements sont concernés par une dépense comprise entre 1 000 et 5 000 euros.

La loi Climat et Résilience a introduit une nouvelle obligation qui touche désormais l'ensemble des copropriétaires français. Le diagnostic de performance énergétique collectif, ou DPE collectif, évalue la classe énergétique d'un immeuble entier, de sa toiture à ses murs extérieurs en passant par ses parties communes. Une mesure présentée comme un levier de transition écologique, mais qui se traduit concrètement par une facture supplémentaire pour des millions de ménages déjà sous pression.

Et cette dépense s'ajoute à une liste déjà longue : impôts fonciers, charges de copropriété, travaux courants. Pour de nombreux propriétaires, la note risque de faire mal.

Le DPE collectif obligatoire s'impose à 11 millions de logements

Le calendrier est désormais fixé. Depuis le 1er janvier 2025, les grandes copropriétés de 50 lots ou plus ont l'obligation de faire réaliser un DPE collectif. À partir du 1er janvier 2026, cette obligation s'étend aux petites copropriétés, celles comptant moins de 50 lots, qui représentent pourtant 7 copropriétés sur 10 en France. Au total, ce sont 11 millions de logements qui entrent dans le périmètre de cette réglementation.

Le diagnostic porte sur l'enveloppe du bâtiment dans son ensemble : toiture, murs extérieurs, parties communes. Résultat : une note allant de A à G attribuée à l'immeuble, selon le même principe que le DPE individuel déjà connu des propriétaires lors d'une vente ou d'une mise en location.

Comment se déroule la procédure en assemblée générale

La décision de réaliser le DPE collectif passe obligatoirement par le vote en assemblée générale annuelle. C'est là qu'est désigné un professionnel agréé, chargé de conduire l'évaluation. Le syndic prend ensuite en charge la régularisation financière, soit via une régularisation annuelle, soit par un appel de fonds exceptionnel. Chaque copropriétaire règle sa quote-part en fonction de ses tantièmes, la clé de répartition habituelle des charges. Les logements vacants ne sont pas exemptés, et les bailleurs comme les non-occupants participent au financement.

Une dépense qui varie selon la taille de l'immeuble

Le coût total du DPE collectif dépend directement du nombre de lots. Pour une copropriété de moins de 10 lots, la facture se situe entre 1 200 et 2 000 euros. Un bâtiment de 20 à 40 lots devra compter entre 2 500 et 3 500 euros. Et pour les grands immeubles de plus de 50 lots, la dépense peut atteindre 5 000 euros, voire davantage. Ramenée au lot, la charge individuelle reste variable selon la taille de la copropriété et les tantièmes détenus, mais elle constitue dans tous les cas une dépense nouvelle, non anticipée dans de nombreux budgets.

Taille de la copropriété Coût estimé du DPE collectif
Moins de 10 lots 1 200 à 2 000 €
20 à 40 lots 2 500 à 3 500 €
Plus de 50 lots Jusqu'à 5 000 € et plus

Les logements classés F ou G exposent leurs propriétaires à de lourdes conséquences

La note obtenue à l'issue du diagnostic énergétique collectif n'est pas sans incidence. Un immeuble classé F ou G, soit les deux plus mauvaises notes de l'échelle, expose ses propriétaires bailleurs à un risque d'interdiction future à la location. La réglementation sur les passoires thermiques se durcit progressivement, et un mauvais résultat au DPE collectif peut précipiter une dépréciation du bien ou bloquer une mise en location. C'est une menace directe sur la valeur patrimoniale de logements déjà fragiles. Pour comprendre comment d'autres obligations fiscales s'accumulent sur les propriétaires, il peut être utile de consulter ce que le fisc prépare pour certaines parties de la maison non déclarées en 2026.

À l'inverse, un immeuble bien noté constitue un avantage concurrentiel réel sur le marché immobilier. Les biens mieux classés se vendent et se louent plus facilement, souvent à un meilleur prix. La performance énergétique est devenue un critère de sélection pour les acheteurs et les locataires, au même titre que la localisation ou la surface.

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Attention
Les logements classés F ou G risquent d’être interdits à la location dans les prochaines années. Un DPE collectif défavorable peut donc avoir des conséquences directes sur la rentabilité d’un investissement locatif.

Le DPE collectif ouvre la voie à des travaux de rénovation énergétique

Le diagnostic n'est pas une fin en soi. Une fois la note obtenue, les copropriétaires peuvent engager des travaux de rénovation énergétique pour améliorer la classe de leur immeuble. Les chantiers les plus courants concernent l'isolation thermique des façades, le remplacement des fenêtres, la modernisation du système de chauffage collectif ou encore l'isolation de la toiture. Ces interventions permettent de réduire la facture énergétique annuelle sur le long terme et de prolonger la durée de vie du bâtiment.

Des aides publiques accessibles après le diagnostic

Ces travaux ne sont pas nécessairement à la charge exclusive des copropriétaires. Des aides publiques existent pour accompagner la transition écologique des copropriétés, et le DPE collectif constitue souvent un prérequis pour y accéder. Le diagnostic joue alors le rôle de point de départ d'une stratégie de rénovation globale, potentiellement étalée sur plusieurs années, et non d'une simple formalité administrative. Concrètement, les copropriétaires qui anticipent ce calendrier en préparant leur financement dès maintenant seront mieux armés pour absorber la dépense initiale et planifier les travaux qui s'ensuivront. La question du budget mérite d'ailleurs une attention particulière, notamment pour les propriétaires retraités qui jonglent avec plusieurs contraintes financières simultanées, comme certaines cases fiscales souvent oubliées dans la déclaration d'impôts.

Surveiller les convocations à l'assemblée générale

Pour les copropriétaires qui ne souhaitent pas être pris de court, la démarche est simple : surveiller attentivement les convocations à l'assemblée générale, vérifier si le vote du DPE collectif figure à l'ordre du jour, et préparer le financement correspondant. Le syndic est tenu d'inscrire cette question à l'agenda dès lors que l'obligation légale s'applique à la copropriété. Ignorer ces convocations peut conduire à un appel de fonds exceptionnel inattendu, sans possibilité de s'y opposer après vote. Une vigilance d'autant plus utile que certaines réglementations sur le chauffage au bois touchent également les logements collectifs et peuvent interagir avec les résultats du diagnostic énergétique.

À retenir
L’obligation s’applique depuis le 1er janvier 2025 pour les copropriétés de 50 lots ou plus, et dès le 1er janvier 2026 pour toutes les autres. Aucun copropriétaire, bailleur ou non-occupant, n’est exempté du paiement de sa quote-part.
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