Ils Ont Mis Le Compteur Edf A Leur Nom Ils Squattent La Maison De Retraites Pendant Les Travaux Et La Mettent En Location

Alain et Martine Guérini, couple de retraités de Villeparisis (Seine-et-Marne), ont découvert en juin 2024 que leur maison, laissée vide pendant des travaux de rénovation, avait été squattée. Les occupants illégaux avaient changé les serrures, transféré le compteur EDF à leur nom et mis le bien en location, malgré son état inhabitable. L'expulsion n'a pu être menée qu'environ deux mois plus tard, le 5 août 2024.

Le scénario est glaçant dans sa précision. Des squatteurs s'installent dans une maison vide, s'y comportent en propriétaires, et les véritables propriétaires se retrouvent à la porte de leur propre bien, impuissants face à des procédures judiciaires qui s'étirent. L'affaire des Guérini illustre une réalité que beaucoup de propriétaires ignorent jusqu'au moment où ils en sont victimes.

Et ce cas n'est pas isolé. Le squat de résidences temporairement inoccupées, notamment pendant des chantiers, représente une forme d'occupation illégale particulièrement perverse, car elle exploite précisément les moments où les propriétaires sont absents et moins vigilants.

Le squat de la maison des Guérini, une prise de contrôle méthodique

Quand Alain et Martine Guérini ont laissé leur maison de Villeparisis, en Seine-et-Marne, pour la durée de travaux de rénovation, ils ne s'attendaient pas à en être chassés. C'est en juin 2024 qu'ils découvrent l'occupation illégale : des squatteurs ont investi les lieux et changé les serrures. Plus question d'entrer chez eux.

Mais l'audace des occupants ne s'arrête pas là. Ils ont transféré le compteur EDF à leur propre nom, s'appropriant ainsi officiellement la consommation électrique du logement. Un geste administratif qui crée une apparence de légitimité et complique un peu plus la situation pour les propriétaires légaux.

Une mise en location illégale malgré l'état inhabitable du bien

Le comble : les squatteurs ont mis une partie de la maison en location, alors même que le bien était en travaux et donc inhabitable. Des locataires ont ainsi pu payer un loyer à des personnes qui n'avaient aucun droit sur le bien. Cette supercherie constitue une escroquerie en plus de l'occupation illégale, ajoutant une couche de complexité juridique à une situation déjà kafkaïenne.

Pour les Guérini, le choc est double. Non seulement ils sont privés d'accès à leur propre propriété, mais ils voient celle-ci exploitée commercialement par des individus qui n'ont aucun titre pour le faire. Le sentiment d'impuissance et de colère est total.

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Attention
Le transfert du compteur EDF au nom d’un tiers ne confère aucun droit d’occupation sur un logement. Il s’agit d’une démarche administrative frauduleuse qui peut néanmoins compliquer les procédures d’expulsion et brouiller la situation aux yeux des tiers.

Deux mois de procédures avant de récupérer leur bien

Dès la découverte de l'occupation illégale, Alain et Martine Guérini ont déposé des plaintes. Sans effet immédiat. Des mises en demeure ont été adressées aux squatteurs. Elles sont restées lettres mortes. La machine judiciaire tourne, mais lentement, pendant que les propriétaires attendent dehors.

Ce n'est que le 5 août 2024, soit environ deux mois après la découverte de l'occupation, que l'expulsion a pu être menée à bien. L'opération a mobilisé des policiers, des gendarmes et un commissaire de justice, témoignant de la lourdeur du dispositif nécessaire pour récupérer légalement un bien dont on est pourtant le propriétaire incontestable.

Un fardeau financier et psychologique durable

Au-delà de la procédure, le coût humain est considérable. Les Guérini ont dû assumer simultanément les frais liés aux travaux de rénovation initialement prévus et ceux engendrés par les démarches juridiques. La pression psychologique, le stress, la colère et le sentiment d'insécurité ont accompagné chaque semaine d'attente.

Et même après la récupération du bien, la peur résiduelle de voir la situation se reproduire ne disparaît pas. Ce type d'expérience laisse des traces durables. On pense à d'autres situations extrêmes, comme ce couple de seniors de 87 ans expulsé par sa fille adoptive, qui illustrent à quel point le droit au logement peut être bafoué de façon brutale et inattendue.

2 mois
de procédures pour expulser les squatteurs et récupérer le bien

Ce que risquent les squatteurs selon la loi française

Le squat est loin d'être une zone grise juridique. La loi française prévoit des sanctions claires pour les occupants illégaux, en particulier en cas de récidive. Les squatteurs récidivistes s'exposent à une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. Des chiffres qui contrastent avec la relative impunité ressentie par les victimes pendant la durée des procédures.

Car c'est bien là le paradoxe : les peines encourues sont sévères sur le papier, mais le temps nécessaire pour les faire appliquer laisse les propriétaires dans une situation intenable. Les plaintes déposées par les Guérini n'ont pas suffi à accélérer significativement le processus. Et ce n'est pas une exception, c'est la règle.

Le cas des Guérini n'est d'ailleurs pas sans rappeler une autre affaire récente, dans laquelle des vacanciers avaient réservé une villa à 5 880 euros pour découvrir qu'elle était squattée juste avant leur arrivée. Le phénomène touche aussi bien les résidences principales que les biens mis en location ou temporairement vacants.

Se protéger contre le squat : les réflexes à adopter

L'affaire des Guérini met en évidence plusieurs failles que les propriétaires peuvent, dans une certaine mesure, anticiper. Laisser un bien vide pendant des travaux sans aucune surveillance, c'est offrir une fenêtre d'opportunité aux squatteurs.

Plusieurs mesures concrètes permettent de réduire ce risque :

  • Installer des systèmes de surveillance (caméras, alarmes) visibles depuis l'extérieur
  • Entretenir de bonnes relations avec le voisinage, qui peut signaler toute présence anormale
  • Souscrire une assurance spécialisée contre le squat, un produit encore peu connu mais qui existe
  • Confier une surveillance régulière du bien à un tiers de confiance pendant les périodes d'absence prolongée

En cas d'occupation illégale constatée, la procédure formelle reste incontournable : dépôt de plainte, mise en demeure, intervention d'un commissaire de justice. Tenter de reprendre le bien par la force est non seulement inefficace mais peut se retourner contre le propriétaire.

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Bon à savoir
En cas de squat avéré, le propriétaire doit agir rapidement via les voies légales. Plus l’occupation dure, plus la procédure d’expulsion devient complexe. Un commissaire de justice peut établir un constat officiel dès les premières heures, ce qui facilite ensuite les démarches judiciaires.

Les arnaques liées au logement prennent des formes variées. Les propriétaires qui laissent un bien vacant, même temporairement, ont tout intérêt à rester vigilants face à des tentatives de manipulation administrative, comme le transfert frauduleux d'un abonnement énergétique. Dans un contexte où certaines escroqueries numériques se multiplient, la vigilance s'étend désormais bien au-delà du simple cadenas sur une porte.

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