La BMW Série 1 F40, arrivée en 2019, incarne une rupture majeure dans l’histoire de la compacte premium allemande. Cette troisième génération adopte une plateforme à traction, abandonnant la propulsion historique. Si cette évolution apporte davantage d’espace intérieur et une habitabilité accrue, elle s’accompagne malheureusement de défauts techniques préoccupants, particulièrement sur les premiers millésimes. Les propriétaires rapportent des problèmes mécaniques récurrents, des dysfonctionnements électroniques et des coûts d’entretien parfois prohibitifs. Certains modèles méritent une vigilance particulière, voire doivent être évités pour préserver votre budget et votre tranquillité d’esprit.
Les motorisations problématiques des premières années
Le moteur trois cylindres B38 équipant les 116i et 118i des millésimes 2019-2020 constitue le premier écueil majeur. Ce bloc essence de 1,5 litre développant entre 109 et 136 chevaux présente des défaillances récurrentes qui apparaissent dès 50 000 kilomètres. La chaîne de distribution génère des bruits métalliques caractéristiques, particulièrement audibles au démarrage à froid. Cette panne nécessite un remplacement dont le coût oscille entre 1 500 et 2 500 euros, une somme conséquente pour un véhicule relativement récent.
La consommation d’huile excessive représente un autre problème inquiétant sur ces motorisations, atteignant parfois un litre tous les 1 000 kilomètres. Les vibrations au ralenti, particulièrement marquées à froid, nuisent grandement au confort d’utilisation. L’encrassement de l’admission par des résidus carbonés provoque des ratés moteur et nécessite un nettoyage dont le tarif varie entre 450 et 800 euros. La consommation réelle se révèle également décevante, affichant 8 à 9 litres aux 100 kilomètres contre 6 litres annoncés par le constructeur.
Le diesel B37 trois cylindres de 116 chevaux souffre de défauts encore plus préoccupants. Les coussinets de bielle lâchent prématurément, et des fissures apparaissent dans la culasse ou le bloc moteur avant même d’atteindre 80 000 kilomètres. Sur les versions utilisées principalement en milieu urbain, la vanne EGR s’encrasse rapidement, nécessitant un remplacement facturé entre 150 et 650 euros. Le filtre à particules colmate fréquemment, entraînant des remplacements onéreux pouvant atteindre 2 000 euros. Ces motorisations présentent également des vibrations excessives et un niveau sonore élevé lors des accélérations, diminuant considérablement l’agrément de conduite.
| Motorisation | Problème principal | Coût réparation | Kilométrage critique |
|---|---|---|---|
| B38 essence (116i/118i) | Chaîne de distribution bruyante | 1 500 – 2 500 € | Dès 50 000 km |
| B37 diesel (116d) | Coussinets de bielle défaillants | Variable (réparation majeure) | Avant 80 000 km |
| B38 essence | Encrassement admission | 450 – 800 € | Variable selon usage |
Transmission automatique et systèmes électroniques capricieux
La boîte DKG à double embrayage équipant les premières F40 manifeste des comportements erratiques qui affectent considérablement le plaisir de conduite. Les hésitations au démarrage et les retards dans les passages de rapports constituent les plaintes les plus fréquentes. En conditions urbaines ou sur route mouillée, les à-coups se multiplient, rendant la conduite désagréable. Les passages brutaux et le manque de réactivité lors des dépassements peuvent même s’avérer dangereux dans certaines situations. BMW a déployé un rappel logiciel référencé I-Level S18A-21-03-550 pour corriger partiellement ces défauts, mais tous les véhicules n’en ont pas bénéficié.
L’usure prématurée de l’embrayage, particulièrement sur les modèles conduits de manière sportive, entraîne des réparations dont le coût se situe entre 1 800 et 2 500 euros. Les propriétaires signalent également des comportements imprévisibles après l’activation de la fonction Start&Stop, avec des hésitations au redémarrage qui peuvent surprendre dans le trafic.
Le système iDrive rencontre des difficultés variées sur les premiers exemplaires. L’écran d’infodivertissement reste parfois bloqué sur l’affichage de la caméra de recul, ou devient totalement inactif. Paradoxalement, ces bugs sont souvent résolus après un simple remplacement ou rechargement de la batterie. Les systèmes d’aide à la conduite présentent également des défaillances préoccupantes : le régulateur adaptatif adopte des comportements erratiques, tandis que le maintien dans la voie se désactive brutalement sans raison apparente. Certaines mises à jour censées corriger ces problèmes provoquent ironiquement de nouveaux dysfonctionnements. Pour mieux comprendre les différents voyants BMW série 1 et leur signification, il est recommandé de consulter un guide détaillé qui vous aidera à identifier rapidement les alertes du tableau de bord.
Modèles recommandés et stratégie d’achat
Face à ces problématiques, certaines versions se distinguent par leur fiabilité supérieure. Les modèles équipés du moteur quatre cylindres B48 essence de 178 chevaux (120i) ou du B47 diesel de 150 chevaux (118d, 120d) attestent une robustesse bien supérieure. Ces motorisations éprouvées atteignent régulièrement 200 000 kilomètres sans souci majeur. Le B48 essence offre 270 Nm de couple et se montre particulièrement agréable en utilisation quotidienne, avec une consommation raisonnable de 6,5 à 7,5 litres aux 100 kilomètres.
Le 118d avec le moteur B47 constitue un excellent choix pour les conducteurs parcourant de longues distances. Sa consommation contenue entre 4,5 et 5,5 litres, associée à un couple généreux de 350 Nm, en fait un véhicule polyvalent et économique. L’autonomie peut atteindre 800 kilomètres en conduite économique, un atout indéniable pour les grands rouleurs.
Pour les amateurs de performances, la M135i xDrive avec ses 306 chevaux et sa transmission intégrale offre des capacités dynamiques remarquables. L’abattement du 0 à 100 km/h en 4,7 secondes s’accompagne d’une polyvalence appréciable au quotidien. Toutefois, cette version nécessite une attention particulière concernant le différentiel arrière et le système de refroidissement sur les modèles 2019-2020.
Les millésimes 2021 et ultérieurs bénéficient de nombreuses corrections techniques et mises à jour logicielles. Les modèles 2022 et 2023 affichent nettement moins de défaillances rapportées. Privilégier ces années de production permet de limiter considérablement les risques de pannes coûteuses. Lors de l’achat d’une F40 d’occasion, exigez un historique d’entretien complet avec factures, idéalement réalisé dans le réseau BMW. Effectuez un essai routier d’au moins 30 minutes incluant un démarrage à froid pour détecter les bruits suspects de chaîne de distribution. Un diagnostic électronique complet révélera l’absence de codes défaut et confirmera le bon fonctionnement des systèmes.
Voici les points de vigilance essentiels lors de l’achat :
- Vérifier l’absence de bruits métalliques au démarrage à froid
- Contrôler le comportement de la boîte automatique en montée et lors des rétrogradages
- Tester l’ensemble des capteurs d’aide à la conduite
- Examiner l’état des pneumatiques révélant d’éventuels défauts de géométrie
- Valider l’absence de voyants allumés au tableau de bord
Budget prévisionnel annuel : comptez entre 1 000 et 1 500 euros pour l’entretien courant, auxquels s’ajoutent 600 à 800 euros pour les pneumatiques et une provision de 1 000 à 1 500 euros pour les réparations imprévues.


